EXPO // VINCENT BIOULES - CHEMINS DE TRAVERSES // MUSEE FABRE // MONTPELLIER

EXPO // VINCENT BIOULES - CHEMINS DE TRAVERSES // MUSEE FABRE // MONTPELLIER

.du 15 juin au 06 oct. 2019

Vincent Bioules - Chemins de Traverse

Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle
34000 Montpellier

.http://museefabre.montpellier3m.fr

Cet été, le musée Fabre expose 200 œuvres qui retracent l’œuvre du peintre Vincent Bioulès des années 1950 à nos jours. Artiste né à Montpellier en 1938, son parcours est tout à fait étonnant : après avoir participé aux mouvements ABC Productions et Supports/Surfaces, ce dernier réputé pour sa conception iconoclaste de la peinture, il est l’un des acteurs majeurs du retour à la figuration dès le milieu des années 1970. Peintre hors pair, il cherche la subversion au sein de la tradition en revisitant les grands sujets picturaux : le paysage, le portrait, le nu… avec une liberté extraordinaire.

L’exposition offre une traversée des thèmes qui rythment la carrière de l’artiste. Elle propose quelques repères historiques décisifs pour comprendre sa démarche, en même temps qu’elle montre la permanence de certains sujets à travers un accrochage associant les jalons historiques aux productions les plus récentes. Elle porte également un regard attentif à la manière dont l’artiste travaille, combinant observation sur le motif, dessin d’après modèle vivant et travail d’atelier. La diversité des supports présentés (peintures sur châssis, carnets de croquis, pochades, pastels et fusains…) témoigne de l’amplitude des moyens de l’artiste.

Peintre à la recherche d’une expérience totale et d’un chemin de vérité, son œuvre divers et foisonnant est le miroir d’une jouissance en acte : « Un peintre est une personne qui a la mémoire d’un certain plaisir de la peinture. Si je retourne chaque matin à l’atelier, c’est parce que je vais y retrouver ce plaisir » confie-t-il à Catherine Millet en avril 1986.

RÉTROSPECTIVE DE LA CARRIÈRE DE L’ARTISTE

À la fin des années 1960, l’œuvre de Bioulès se politise. La contestation de l’organisation du système des beaux-arts français le conduit avec d’autres artistes à organiser des manifestations collectives, loin de l’épicentre parisien.Du 5 au 20 mai 1970, la ville de Montpellier accueille une manifestation internationale de grande envergure : 100 jeunes artistes investissent l’espace public.Le groupe ABC Productions formé par Tjeerd Alkema, Jean Azémard, Vincent Bioulès et Alain Clément sont à l’origine de la manifestation.

Vincent Bioulès est également membre du groupe Suports/Surfaces, qui véhicule une critique radicale de l’image.

À partir de 1975, Bioulès tourne résolument le dos à l’abstraction et peint une série de vedute monumentales représentant la place de l’hôtel de ville à Aix-en-Provence. L’artiste réinvente sa peinture en s’appuyant sur un lieu méditerranéen par excellence, la place publique, qui remplace l’espace chromatique et théorique des années Supports/Surfaces. La volupté colorée de ses compositions, tout comme l’univers poétique de ses Intérieurs, assument pleinement l’héritage de la peinture de Henri Matisse. « Faire un portrait est très compromettant, plus compromettant que de faire un monochrome ». L’exposition réunira quelques-uns des nus monumentaux peints entre 1988 et 1992 et dont la présentation au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne eut un impact considérable sur le monde de l’art. L’œil aussi bien tourné vers la mer que vers les terres, l’artiste saisit mieux que tout autre la saveur des paysages méditerranéens et de leur arrière-pays. Visions du sublime parfois teintées de romantisme, ces formats monumentaux sont l’expression du souffle qui anime Vincent Bioulès.