EXPO // ALAIN JACQUET // GALERIE LAURENT STROUK // PARIS

EXPO // ALAIN JACQUET // GALERIE LAURENT STROUK // PARIS

. Alain Jacquet  -  du 18 Oct. au 16 Nov. 2019

Galerie Laurent Strouk
2 avenue Matignon
75008 Paris

. www.laurentstrouk.com

Alors que le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris a utilisé le Déjeuner sur l'herbe pour sa campagne institutionnelle de réouverture, voici que la galerie Laurent Strouk consacre un mois de show à Alain Jacquet.
L'exposition présentera des oeuvres majeures de la période Mec'Art de l'artiste du 18 octobre au 16 novembre 2019.

Dans les années 1960, s’impose en occident l’évidence formidable de la culture et de la consommation de masse, stimulée par un flux de publicités et réclames en tous genres. À cette conduite collective, le pop art répond par l’utilisation détournée de ses techniques. La publicité, les bandes dessinées et panneaux de signalisation inves-tissent une iconographie dont le mot d’ordre est « démo-cratisation », par opposition à la culture élitiste dans l’art. « J’ai pensé que cela ferait du bien à la peinture si elle se rapprochait des journaux », dit Alain Jacquet en 1964, lorsqu’il obtient le prix de la Biennale de Venise. Pour cet artiste né en 1939 à Neuilly-sur-Seine, l’art doit s’insérer au coeur de la réalité quotidienne.C’est le développement industriel et les progrès tech-niques qui permettent à Alain Jacquet de developper une telle esthétique. Dès 1962, dans ses Camouflages qui le font connaitre en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, il superpose les images entre elles, usant surtout du motif réitératif du camouflage militaire. S’en suivent les œuvres tramées à partir de 1964, ces reproductions sérigraphiées de tableaux, à l’aide d’un procédé mécanique offset dé-formant complètement les trames originales. C’est par la série du Déjeuner sur l’herbe, des clichés tramés par une multitude de points bleus, jaunes, rouges et noirs, que le processus est inauguré. L’intérêt du chef-d’œuvre réside dans le paradoxe visuel qui en émane : figuratif vu de loin, il n’est plus qu’une suite de motifs abstraits quand on s’en rapproche.

Plus tard, Jacquet troque la trame mécanique pour une trame élec-tronique, les points colorés pour les pixels. De cette pluralité de pro-cessus qu’il met en place, se dégage la permanence d’une remise en question de la limite ordinairement fixée entre figuration et abstrac-tion. Cohérence de la visée, éclectisme du moyen : telle est la devise d’Alain Jacquet.Il faut toutefois rappeler que ces procédés de reproduction ne dés-humanisent pas pour autant l’œuvre de Jacquet. Dans son Déjeuner sur l’herbe, il fait poser la galeriste Janine de Goldsmith, (épouse du critique d’art Pierre Restany) et le peintre Mario Schifano. Autant de proches de l’artiste qui, alliés au choix d’endroits qu’il connaît, ré-vèlent une composition des plus intimes.Pierre Restany écrira : « Utiliser en peinture le procédé du report pho-tographique en 1964 n’avait rien d’original en soi. À New York, War-hol puis Rauschenberg en avaient systématisé l’usage depuis trois ans déjà (...) Mais il y avait chez Jacquet la trame et la relecture, tout le mécanisme de dé-re/composition de l’image. Alors que pour Warhol le cliché reporté correspond au transfert sur le plan bi-dimensionnel de la notion de ready-made, Jacquet considère l’image-objet comme le point de départ et non comme le point d’arrivée. Point de départ d’une opération de restructuration interne de l’image et donc de la vision, à travers l’étude des conditions de la visibilité. »