Élodie Fougère, photographe, l’art et la manière de parler de tout

Élodie Fougère, photographe, l’art et la manière de parler de tout

"Élodie Fougère, photographe, l’art et la manière de parler de tout"
La Voix du Nord, Patrick Seghi
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Élodie Fougère est une photographe lilloise dont le propos est révélateur d’intelligence et de subtilité. L’un de ses clichés a été retenu par la fondation Estée Lauder dans le cadre d’un concours sensibilisant au cancer du sein. L’occasion de soutenir le travail d’une artiste aussi talentueuse que discrète…



«  Cette photo a été prise lors d’un de nos rendez-vous bihebdomadaires entre copines, à la faveur d’une discussion sur la reconstruction mammaire et un projet de week-end à Amsterdam. D’une blague potache sous la luminosité hivernale du nord nous est venue l’envie d’immortaliser une scène «à la Vermeer», juste pour le plaisir de l’instant présent. Ce qui nous unit ? L’énergie que nous offre la bienveillance, l’esprit et la dérision.  » Qu’ajouter à la déclaration sinon l’intelligence du propos ? Élodie Fougère, photographe lilloise, dont la discrétion est proportionnelle au talent (lire par ailleurs), est (à nouveau) sélectionnée dans le cadre du concours Estée Lauder, (action de sensibilisation au cancer du sein).

Son approche subtile traduit cette capacité artistique à interpeller sans recourir aux artifices grossiers, sans que l’humour cède la place à l’excès, que le premier degré ne couvre la distanciation généreuse. Il ressort du cliché proposé une énergie solaire qui bouleverse et marque les esprits plus profondément que ne le ferait une cicatrice. Élodie Fougère n’est pas une photographe de la maladie mais bien de la vie. Ce qu’elle assume au risque de l’incompréhension.

« On peut parler de tout à tous »

Peu importent les codes. Ce qui compte est la résonance de l’image, la joie et le soutien procurés. Sa capacité à être lue de tous. Le voile déchiré avec pudeur. Qui peut nier la force de l’argument, le poids du regard fermé ? Elle qui travaille sur le rapport au corps et au décor, dont les portraits renvoient au paradoxe de l’anonymat et de l’appropriation démontre que «  l’on peut parler de tout à tous  » pour peu que l’on dispose de l’art et de la manière. Ce qui se traduit par une formule magique : bienveillance, esprit et dérision.

Pour apporter son soutien à Élodie Fougère, rendez-vous avant le 29 septembre sur prixdupublicteva-pinkribbonphotoaward.fr et cliquez sur sa photo
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La couverture d’Harlan Coben

À découvert. Le titre pourrait faire office de gag même si ce n’est pas trop le genre de la maison d’édition. Le travail de la photographe lilloise est passé entre des milliers de mains en toute discrétion. Aujourd’hui, à découvert (facile), Élodie Fougère précise avoir réalisé les photos non seulement du roman précité d’Harlan Coben mais également de Spirales de Tatiana de Rosnay…D’autres encore. Pour le fun, c’est elle que l’on aperçoit sur les couvertures de ces deux best-sellers. Pas de quoi se prendre une tête de gondole pour autant. Élodie Fougère cultive la discrétion. Mieux, elle en a fait sa marque de fabrique, déclarant que «  ce qu’il y a bien avec ce job, c’est qu’il n’y a pas à se justifier, ni à raconter quoi que ce soit, encore moins à s’écouter parler…  » La mise au point de la photographe de 43 ans sert d’ouverture au petit bouquin que le Chicago Center for Literature and Photography Institute lui a consacré. On y découvre que «  la pratique de la photo me permet de me dégager de mon propre carcan, d’exprimer des choses que je n’exprimerais sans doute pas dans ma vie, d’en évacuer d’autres ou de jouer comme l’enfant que je ne suis plus. » Là on hésite car la part enfantine reste si prégnante dans le travail d’Élodie Fougère qu’on se dit que toutes les interprétations demeurent possibles. Objectif atteint.

Les photographies d’Élodie Fougère se vendent aux alentours de 300 euros sur le site de la galerie de Francony.



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